lundi 24 novembre 2014

T'as des jours comme ça.

T'as des jours comme ça, tu sais presque directement qu'il ne faut pas que tu te lèves. Les paupières à peine ouvertes, t'en as déjà marre. Et les choses vont de mal en pire au fur et à mesure que la journée passe, malheureusement. M'enfin, une journée de merde, c'est une chose. 

Te prendre pour de la merde, s'en est une autre. Quand tu te bats bec et ongles avec toi-même pour essayer de remonter ta confiance en toi, c'est vraiment difficile à gérer. Et quand ta confiance, aussi fragile qu'un brin de paille, vient à être cassée en deux par la personne que tu aimes, ça fait mal au cul. Au point que t'es obligé d'aller écrire sur ton blog à deux sous, sur lequel personne ne passe jamais. 

Ça partait peut-être d'une bonne intention. S'en est même certain en fait, faut pas déconner non plus. Mais ça a vraiment eu l'effet d'un tsunami. Merci, les larmes n'avaient plus coulées depuis presque deux semaines, maintenant ça ne s'arrête plus. T'sais même pas quoi faire pour que ça s'arrête du coup. T'es même sûre de rien, en fait.

La seule chose qui est certaine, c'est que demain, t'auras clairement pas envie de te lever, encore. Mais cette fois, encore plus que d'habitude.

Merci.

jeudi 31 juillet 2014

J'aime les gens.

C'est un problème parmi tant d'autres. J'aime les gens. J'aime les voir sourire, les voir heureux. Pour moi, c'est ce qu'il y a de plus important. C'est peut-être pour ça que j'ai décidé de faire ce métier, après tout. Car finalement, dans mon métier, c'est aider les gens à aller mieux, aussi bien mentalement que physiquement. 

J'aime les gens, même s'ils sont désagréables, même s'ils sont « méchants ». C'est vrai que quand ça arrive, je prends sur moi –il parait que je suis un tank IRL, mais je ferai un article là dessus quand je serai motivée, c'est-à-dire pas maintenant– et je laisse passer. L'humanité peut être capable du pire, de l'horrible. Mais elle peut aussi être capable du mieux, du merveilleux.
Pour moi, une personne horrible, mauvaise, est une personne faible. Un « connard » –ou son homologue féminin– n'est pas quelqu'un de foncièrement mauvais. Deux possibilités : soit cette personne a été éduquée comme cela, soit la vie l'a formée à devenir ainsi. Quoi qu'il en soit, ce n'est pas à cause de l'individu en lui-même. C'est la société qui l'a façonné comme cela. M'enfin, il est vrai aussi que la société est l'ensemble de plusieurs hommes. Où donc cela a-t-il commencé ? Je n'en sais rien. Je ne veux pas le savoir.

Pourquoi est-ce donc un problème, me direz-vous ? C'est un problème dans le sens qu'une fois de plus, j'encaisse, et je ne dis rien. Parce que je sais –ou plutôt je me convaincs– que ce n'est pas la faute des personnes si elles sont comme ça. Du coup j'encaisse, une fois de plus. Et je continue. Et je souffre. Tu ne me parles plus ? Bah, tu as certainement une bonne raison de le faire. C'est vrai dans 90% des cas : une vie chargée, des amis à voir, etc... mais est-ce vraiment le cas pour toi ? Certainement que non. Et pourtant, je continue à me faire souffrir en me disant que le problème vient de moi, qu'en fait, tu as des tas des raisons de ne pas le faire. Et pourtant... Et pourtant... une petite voix dans ma tête me dit que je suis totalement dans le faux. Et il n'y a pas que cette petite voix. Et...

Oh et puis merde.

De toute manière, ma façon de penser ne regarde que moi. J'en souffre, c'est vrai. Mais finalement rien à foutre : je crois en l'humanité, je crois en toi. J'aime les gens, bien qu'ils soient parfois agressifs aussi bien physiquement qu'avec des mots. Je crois en toi bien que tu me martyrises avec une ignorance totale.

jeudi 10 juillet 2014

Les hôpitaux

Aujourd'hui, je me suis rendue à l'hôpital. Juste un petit aller simple, pour une sombre affaire d'argent. Rien de bien important, me direz-vous. Sauf que pour moi, le simple fait de me retrouver dans ce lieu de soin, c'était une sorte de délivrance.

Un hôpital est pour moi, le meilleur endroit au monde. Certes, ce n'est pas le plus sûr, loin de là il faut être stupide pour s'y croire en sécurité, surtout quand on est un patient, m'enfin soit là n'est pas le sujetmais je m'y sens tellement bien. 
J'adore sentir cette odeur de désinfectant, entendre la sonnerie stridente du téléphone, le brouhaha des gens, le son des chariots à médicaments, le « bip » incessant des sonnettes. C'est tellement merveilleux. 

J'me dis que je dois pas être totalement normale, du coup. Mais finalement, ça se comprend quand même facilement... l'hôpital, c'est le seul endroit où j'ai ma place, où je suis utile, où les gens m'apprécient à ma juste valeur, où je suis reconnue. Les gens aiment mon travail, sont contents de moi.

J'aime tout cela, j'aime mes études, j'aime mon futur boulot. Un horaire de merde ? Des collègues de mauvais poil ? Un patient désagréable ? De la fatigue en rentrant chez moi ? Franchement, qu'est-ce que c'est, comparé au bonheur, aux points positifs que me procurent ce métier ?

Si parfois, tu es en dessous de tout, si tu n'as plus d'espoir, si tu ne veux plus faire ce que tu fais, rappelles-toi pourquoi tu fais ce que tu fais : un sourire, un regard tendre, un « Merci »... rendre les gens heureux, les accompagner, tout simplement.

mercredi 9 juillet 2014

Quelques vieux souvenirs

Les souvenirs reviennent doucement. Une chanson, une saison, une odeur, et tout ceci revient, dans la mémoire d’Elisa. Ça lui parait pourtant tellement lointain, la chaleur accablante de ce printemps. Elle se revoit encore descendre du tram 51, son jeans vieux et troué collant sur ses jambes moites. Ce printemps était chaud, comme rarement. Elle remonte le chemin, ce chemin qu’elle connaissait par cœur. Les arbres cachent le ciel assombri par la nuit qui se lève. L’odeur de poussière lui revient en tête : Il aurait fallu quelques gouttes de pluie pour alléger l’atmosphère. A défaut d’eau, Elisa trouve de la bière bon marché quand elle arrive dans l’appartement miteux. La porte est défoncée –encore une histoire bien drôle. Ce soir-là, il est là. Il prépare des croquemonsieurs, comme souvent. C’est ce qu’il y a de moins cher, après tout : un pain, des tranches de fromage et du jambon bon marché.
Elisa se pose dans la chambre avec lui. Ils ne vont pas beaucoup parler, juste être ensemble. Même s’il ne l’aime pas, elle n’est pas seule. C’est difficile à vivre pour elle : il en aime une autre. Il en aime d’autres. Mais il ne l’aime pas elle. Dans la pièce, dans l’appartement tout entier, l’odeur de vieux tabac se fait sentir. L’odeur de moisi aussi, l’odeur de sale. Elisa n’aime pas ça, mais elle l’aime lui, alors c’est facile à supporter. De toute manière, tout est facile à supporter pour lui. Elle se jetterait sous un train pour lui. Il n’est que sa seule et unique raison de vivre. Elle sait tout ce qui lui fait plaisir. Pour son anniversaire, elle lui a offert des tas de choses, des tas de choses qu’il a adorées. Encore maintenant, Elisa sait ce qu’il veut. Cette nuit-là, Elisa la passe comme la plupart des autres : défoncées, à s’endormir tard, après avoir joué à son jeu vidéo du moment.
C’était le bon temps, c’était facile, et en même temps, tout était si compliqué. Car le cœur s’en mêlait


Les sentiments ne sont plus là. Tout est maintenant fini, il n’est plus qu’un ami. Cette saison, cette chanson, ce moment, ce ne sont plus que des souvenirs, ce n’est plus que le passé. Elisa a appris à vivre avec. Elle ne regrette rien. Ces souvenirs, autrefois douloureux, font dorénavant partie d’elle. 


Je ne veux pas y retourner.

Je ne veux pas rentrer chez moi. S'il y a bien une chose dont je suis certaine, c'est bien celle-là. Je ne veux pas retrouver cette cage dorée, ce problème qui me ronge tout comme il la ronge, elle. 

Et puis je ne veux pas le retrouver lui. Je ne veux pas sentir ses yeux me détailler, je ne veux pas l'entendre me dire de rester, je ne veux pas l'entendre me dire que je suis « sexy ». Je ne veux pas sentir ses mains rugueuses salir ma peau, je ne veux pas qu'il essaye à nouveau de m'embrasser, qu'il tente de profiter du fait que je n'arrive pas à bouger, quand personne n'est dans les alentours. Tant de fois... 

Oh, je m'estime heureuse qu'il n'en soit pas arrivé plus loin. Et j'ai peur qu'il ne le tente. Et cette peur me ronge. Chaque jour, j'essaye de l'éviter. 

Dire qu'au début, je pensais que je me trompais. Mais non. J'étais loin de me douter qu'il était comme ça. Naïve. Manipulée. Comme à chaque fois, me direz-vous. Ensuite, j'ai pensé que c'était en fait de ma faute. Je m'habillais trop légèrement, peut-être. J'étais trop proche ? Je n'en sais rien, j'ai cherché à lui trouver des excuses. Idiote.

Et je n'ose rien dire, à personne. De toute manière, on ne me croira pas. Qui pourrait croire Elisa ? Elisa qui a déjà fait tant de bêtises dans sa vie. Elisa qui est une championne du mensonge. Personne ne pense qu'Elisa a bien changé, ça non. Alors pourquoi dire quoi que ce soit ? La seule chose que je peux faire, c'est éviter. Mais parfois, c'est plus compliqué.

J'en ai parlé à ceux qui me croiraient, eux. Le meilleur conseil qu'on ait pu me donner fut :

« Va-t-en. »

Et je partirai, quand j'en aurai l'occasion, le plus tôt possible. Malheureusement, le plus tôt ne sera pas avant douze mois. Douze longs mois. Mais en attendant, qui va me protéger ? Qui va m'aider à surmonter tout cela, une fois que je serai partie ? Qui pourra me soutenir ? J'espère que ce sera toi. J'espère que tu trouveras les bons mots pour m'encourager, pour me donner la force. 

S'il te plait, protège-moi.